Tracer l’Éphémère IX/21: DISTANCES IMPOSSIBLES

J’ai seulement besoin de sentir l’air frais dans mon cou, entre la peau et le chemisier, de tacher mes yeux avec le vert des sapins, un vert foncé, fort. Je me sens comme celle que j’ai entrevue tout à l’heure, au-dessus d’un pré, une alouette. Elle filait de la terre au ciel, droit d’elle-même à elle-même, dans un palpitement de plumes et de chant. Le loup, c’était moi, derrière les barreaux, ensomeillée. L’alouette, c’était moi, dans l’air bleu, vibrante de petit délire calme. Hier une cage, aujourd’hui un ciel. Je fais des progrès.

Christian Bobin

Photo et Videoart : Gabriele del Papa – Emanuela Morozzi 

Couturier: Claude Saint-Jean

Artes pro – Ma-Làpro – E&G pro